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27/08/2012

Vivre dans un pays où les «forces de maintient de l’ordre» peuvent à tout moment vous attraper, vous torturer, vous tuer

Hier soir nous nous sommes parlés. J'ai été frappé par la jeunesse et la fragilité de ta voix d'adolescent.


Armand m’avait informé la veille de ce qui est arrivé à ton père. J’en suis désolé. Je ne peux pas savoir ce que cela fait de voir que son père s’est fait rafler et torturer quand on a 18 ans. Je ne peux pas vraiment savoir ce que cela fait de vivre dans un pays où les « forces de maintient de l’ordre » peuvent à tout moment vous attraper, vous torturer, vous tuer alors que vous êtes des innocents, de simples gens qui ne cherchent pas les problèmes mais à vivre tranquillement. Je me sens impuissant, incapable de te protéger tant la situation est inextricable. Les rues sont remplies de ces illettrés béotiens armés jusqu’aux dents qui ont cru les salauds qui leur ont proposé 5 millions pour délivrer le pays d’une menace grandement imaginaire.


Et pour quelle raison cette exaction violente s’est produite ? Parce que ton père était un milicien qui possède des armes dans un but aussi fumeux qu’inexplicable ? Non, ton père s’est fait rafler et torturer seulement parce qu’il a le patronyme de « Koudou ». Un patronyme qu’il n’a pas choisi, comme toi.

26/08/2012

Les faux rapports de Human Rights Watch

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Capture d'écran du site de Human Rights Watch - 16/03/2011

Depuis bientôt 10 ans, l'ONG Human Rights Watch, avec une constance, une efficacité et une malhonnêteté proverbiales, tire à boulets rouges sur le président ivoirien Laurent Gbagbo, son régime, son entourage...

Depuis longtemps aussi, l'un des donateurs principaux de cette ONG est, notoirement, le financier George Soros. À hauteur de 100 millions de dollars. Hongrois d'origine, Soros est dorénavant chez lui partout dans le monde où il est possible de spéculer, déstabiliser et désinformer. On trouve trace (financière) de sa présence, par des "soutiens" et des opérations douteuses dans de nombreux pays du Sud, et plus généralement dans des pays pauvres potentiellement intéressants ou nouvellement démocratiques et géographiquement bien situés. Se piquant de philosophie (à moins que ce ne fut juste pour séduire les utiles idiots humanitaires sincères qu'il sponsorise), il a même commis des livres. dans lesquels on peut tomber sur des sentences aussi troublantes que : "La démocratie et la société ouverte ne peuvent être imposées que de l’extérieur, parce que le principe de souveraineté fait obstacle à l’ingérence extérieure." Apprécieront ceux, nombreux, qui voient dans l'action des ONG une nouvelle manière de recoloniser... Plus loin il décrète également que : "Les États ont des intérêts, mais pas de principes (et qu'une) une société ouverte idéale supprimerait les intérêts nationaux spécifiques, tandis qu’une structure politique et financière internationale prendrait la responsabilité de la défense du bien des gens."

Le charnier bidon de Yopougon ? Human rights watch. Les fumeux "escadrons de la mort" de la "sanguinaire Simone Gbagbo" ? Human rights watch. Le travail des enfants "chez Gbagbo" ? Human rights watch... Les années 2000 ont été pour HRW ont été fastes en matière de dégueulasserie, de propagande et de manoeuvres de déstabilisation en faveur de la rébellion.

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Détail de la capture précédente... dans le titre : Gbagbo. Dans le sous-titre : les deux camps.

Pour aider dans sa campagne électorale le vieux poulain Ouattara (ex sous-directeur du FMI, instance mondialiste et donc "sorosienne" par excellence), et en finir une bonne fois avec le pénible Gbagbo, Soros a mis à sa disposition un avion. Gratuitement. Mais surtout, depuis la défaite d'ADO et le début de la crise post-électorale consécutive à l'ingérence française et américaine (principalement), Soros utilise les deux armes les plus efficaces dont il dispose : le lobbying et la propagande.

Quand Ouattara, illégalement et criminellement, "lance" l'interdiction d'exportation, entre autres, du cacao, il ne fait que rendre à ceux qui l'ont porté une partie de ce qu'il leur doit. (Sa pugnacité ne tient-elle pas, d'ailleurs, à son endettement auprès de ses commanditaires ?). On a pu lire ici ou là (pas dans la presse française, rassurons-nous, qui continue bien de faire où on lui dit et de ne défaire que ceux qu'on lui dit), qu'un proche de Ouattara, qui avait il y a quelques mois acheté de très grands quantités de cacao, a profité de cette "décision" pour se payer sur la bête et récupérer en spéculant largement de quoi se rembourser, bénéficier et remettre au pot Ouattara.

Nous même avions trouvé en janvier sur le site de l'organisation soi disant non-gouvernementale, Avaaz, un clair appel au boycott du cacao ivoirien. Mais aussi toute la procédure pré-mâchée (argumentaire lacrymal et mensonger compris) par laquelle le citoyen du monde concerné et droitdel'hommiste peut, très facilement, s'adresser directement aux grandes entreprises américaines et occidentales et les mettre en demeure de ne plus acheter de cacao ivoirien tant que ADO ne règnera pas. Vous avez pleuré pour les bébés phoques, les Éthiopiens à gros bidons et les pauvres Kosovars, indignez-vous aujourd'hui du sort fait aux matières premières par les présidents nationalistes.


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Depuis 2000-2002 donc, HRW déverse sur la Côte d'Ivoire et son régime tout ce qui est à même d'émouvoir, de mobiliser et de rendre détestable Laurent Gbagbo. Depuis 2002, HRW passe sous silence, cache et ne dénonce pas les exactions d'une pseudo opposition, qui n'est en réalité qu'une rébellion soutenue et imposée par l'ancienne puissance coloniale. Depuis 2002, par sa partialité, ses indignations sélectives et ses mensonges, HRW est l'alliée objective de la rébellion de Soro financée par Ouattara et ses soutiens (la France, Soros...).

Depuis 2002, HRW fournit même aux journalistes occidentaux suivistes, obéissants et prêts à tout avaler du moment que ça vient d'Afrique, les chiffres morbides (invérifiables et invérifiés), les accusations de génocide, les éléments de langage impitoyables pour qui les subit... et bien sûr des informations bidons.

Dernier avatar en date du journalisme à la française d'inspiration humanrightswat-chienne et donc sous perfusion sorosienne : le Nouvel obs.com ce jour. Une dépêche Reuters depuis Abidjan, nous précise-t-on d'emblée, comme si cela crédibilisait... "Les forces de sécurité et les milices loyales à l'ancien président de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo ont commis des exactions qui s'apparentent à des crimes contre l'humanité, estime Human Rights Watch dans un rapport publié mardi." (15/03/2011). Prêt pour la sauce au sang ? C'est parti : "Ces actes comprennent des viols, des exécutions et des cas d'immigrés d'Afrique de l'Ouest brûlés vifs." On imagine que le Nouvel obs a sûrement déjà envoyé un journaliste pour vérifier tout ça...
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HRW ne "traite" pas seulement la Côte d'Ivoire... mais aussi comme par hasard ses allés et soutiens (1)

Nouveauté : "HRW accuse par ailleurs les forces pro-Alassane Ouattara, qui ont pris le contrôle du nord de la capitale Abidjan ces trois dernières semaines, d'avoir commis des exactions s'apparentant à des crimes de guerre, citant notamment l'exécution sommaire d'onze soldats proches de Gbagbo." T'as compris, camarade : Gbagbo fait dans le crime contre l'Humanité, Ouattara juste dans le crime de guerre. Plus un doigt d'invérifié au sujet du "nord de la capitale" sous "contrôle" ouattariste, pour quand même montrer les biscotos d'ADO. Le compte de Gbagbo est toujours bon. Mais attention, HRW (unique source et même unique rédacteur au final de l'article du Nouvel Obs) n'a pas peur de révéler que : "Concernant le camp Ouattara, des combattants armés ont commis des exécutions extrajudiciaires de combattants présumés pro-Gbagbo détenus sur le territoire d'Ouattara". Des babioles, des bagatelles par rapport au massacre gbagbiste permanent. Puis, sans prévenir, le Nouvel Obs débute la phrase (en citant l'ONU, ce qui ne veut plus rien dire aujourd'hui) et la laisse conclure à son "nègre" HRW : "Selon les Nations unies, près de 400 personnes ont été tuées depuis l'élection. La plupart d'entre elles l'ont été "par les forces pro-Gbagbo dans des circonstances qui n'ont aucun lien avec le conflit armé", indique HRW." Là, on monte haut dans le délire... Dans un pays au bord de la guerre civile, où les affrontements sanglants font la Une des médias occidentaux depuis plus de trois mois, les "400 personnes tuées" l'ont été "par les forces pro-Gbagbo dans des circonstances qui n'ont aucun lien avec le conflit armé"... donc, en plus de, sûrement, la nuit organiser des sacrifices rituels et autres "négreries", les forces pro-Gbagbo, plus sataniques encore que tout ce qu'on en dit, ne tuent que des civils... c'est ce que disent en creux comme en clair HRW et le Nouvel Obs.
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La fin de l'article du Nouvel Obs confine au sublime... "Selon le rapport, les "Jeunes patriotes" de Gbagbo ont mené une série de meurtres basés sur des motifs ethniques suivant l'appel lancé début mars par leur chef de file, Charles Blé Goudé, à combattre la rébellion visant à évincer selon lui le président sortant." Début mars, Blé Goudé a lancé un appel au meurtre et on nous nous a rien dit !

"HRW évoque plusieurs cas de meurtres d'immigrés d'Afrique de l'Ouest et de membres de la tribu Dioula d'Ouattara par des jeunes pro-Gbagbo." Elle est pas belle celle-là : "la tribu Dioula d'Ouattara" ? Serait-ce un aveu inconscient : Ouattara candidat des immigrés d'Afrique de l'Ouest et des dioulas ? Même Bédié l'Ivoiriteur n'aurait pas osé la faire !

Et quand on nous parle de 2002, ce n'est pas pour évoquer la rébellion et la tentative de coup d'État armé, la défaillance de la France ne respectant pas alors les accords de Coopération militaire ou les exactions par milliers depuis commises par les Ouattaro-Soroistes, mais pour nous asséner ceci : "Les immigrés sont régulièrement pris pour cibles en temps de crise depuis la guerre de 2002-2003 qui a scindé le pays en deux. "Les immigrés originaires du Mali, du Burkina Faso, du Nigeria et du Niger ont fait part d'attaques quotidiennes menées par les forces de sécurité pro-Gbagbo et ses milices armées", souligne le rapport."

Quelle leçon de journalisme !

Captures d'écran - Le Gri-Gri Texte - S.T.

(1) Human Rights Watch (et donc pour tous ceux qui s'appuient sur ses informations...) ne reproche rien au Burkina Faso de Blaise "serial killer" Compaoré (au pouvoir depuis 24 ans et réélu à plus de 80%), au Togo de Faure "Fraude" Gnassingbé et ses urnes portées par l'armée, au népotique Sénégal du plus que vieux Wade, au Gabon du pas élu Ali Bongodfather ou au Tchad de l'imbibé Idriss Déby-Le-Mental...

24/08/2012

Alain Toussaint, si tous les méprisables pouvaient être comme lui…

A0up7zSCUAAmHav.jpg_large.jpegChers amis, je viens d’apprendre que notre nouvel ami Jean-Fabrice Koné Dossongui (ici dans un wottro, en compagnie de son épouse Amenan Nguessan), que vous avez célébré sur Facebook, a été enlevé le vendredi 17 août, vers 22h, à son domicile de Babré (Gagnoa), par des hommes armés au service du régime Ouattara.

Une semaine plus tôt, suite à une dénonciation d'un gérant de cybercafé, Jean-Fabrice avait été interpellé le samedi 11 août 2012, vers 8h, à Yamoussoukro, par deux individus à bord d'une 4x4 Mitsubishi Rouge. Ces hommes lui ont présenté une carte professionnelle barrée des couleurs orange blanc vert avant de le soumettre à un interrogatoire sur «sa vie, ses liens avec Toussaint Alain, les miliciens de Gbagbo, son ethnie, etc ». « Tu es Tagbanan et puis tu marches avec les gens de Gbagbo ? ». Fabrice a beau expliquer qu’il vient « à peine de faire la connaissance de Toussaint Alain via Facebook », rien n’y fait. Ils tentent alors de l’embarquer « à la Garde Républicaine » mais les habitants de la cour commune s’y opposent. Ils renoncent mais confisquent son téléphone portable.

Craignant pour sa vie, Jean-Fabrice décide de regagner sa famille à Gagnoa dans l’après-midi. Et c’est justement à Babré, qu’avant-hier, vendredi 17 août, vers 22h, les mêmes hommes se sont présentés à lui. Ils étaient accompagnés de son collègue (enseignant) qui l’avait hébergé à Yamoussoukro pour les cours de vacances. Ces hommes armés sont repartis avec Fabrice vers une destination inconnue. A l’heure où je publie ces lignes, son épouse Amenan, son frère et ses amis restent sans nouvelle du jeune homme.
 
La vie tient à peu de choses dans la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui. Parce que nous sommes des êtres humains, j'avais cru bon de saluer ici l’originalité de ce jeune couple. En annonçant sur ce mur avoir retrouvé la trace des nouveaux mariés, je ne me doutais pas un seul instant que je mettais ainsi leurs vies en danger. J’en suis profondément consterné et désolé.
Que Dieu protège Jean-Fabrice.

 

Chers amis,

Dieu a entendu vos prières. Notre ami Jean-Fabrice Koné Dossongui, enlevé à Gagnoa le vendredi 17 août 2012, vers 22h, par trois hommes armés de la Garde Républicaine de Yamoussoukro a été retrouvé lundi au petit matin par des villageois, à proximité de l'Ecole militaire de Zambakro.

Il est dans un piteux état physique : fracture du fémur droit, un œil endommagé, de multiples blessures dans le dos, les côtes et les parties intimes consécutives aux coups de crosse, de bois et de brodequins de ses ravisseurs. Je remercie le personnel de la Division des droits de l'Homme de l'ONUCI, en particulier Dido Konet, et la Police de l’ONU (UNPOL) qui, aussitôt informées dimanche midi, n'ont ménagé aucun effort pour localiser Jean-Fabrice, le prendre en charge et assurer son transfert vers un centre hospitalier.

Le jeune marié devrait subir une opération de la jambe droite dans les prochaines heures. Merci à vous, chers amis, pour votre formidable mobilisation qui a permis de sauver la vie de Jean-Fabrice, très marqué par son enlèvement et les tortures. Merci pour sa jeune épouse, Amenan, et ses parents, encore sous le choc de ces événements. Que Dieu bénisse abondamment chacune et chacun de vous.