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14/02/2013

L'intellocrate de la démocratie au bazooka

Le samedi 17 novembre 2012, un auteur d’origine camerounaise, M. Franklin Nyamsi, présentait dans les locaux de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles, son œuvre co-écrite avec Alexis Dieth intitulé «Contre l’anticolonialisme dogmatique, pour un anticolonialisme critique». Au travers de la présente tribune libre, qu’il nous soit permis d’apporter notre réflexion sur l’analyse qu’a faite cet auteur de la tragédie ivoirienne. Durant l’exposé de M. Nyamsi, de nombreuses contre-vérités ont été assenées de façon péremptoire. C’est ici le lieu de rétablir ce qui a été volontairement occulté par ce philosophe. Trois limites «structurelles» sont apparues dans son exposé. Une incohérence intellectuelle sur fond d’amnésie et de cécité à laquelle il nous soumet, la comparaison facile sans recul historique entre trois dirigeants africains, et enfin l’occultation du coeur même de la tragédie africaine qui est liée à l’exacerbation et au dogmatisme prédateur de l’impérialisme occidental dans sa course à l’appropriation des richesses africaines.

1 De l’incohérence intellectuelle ou l’insoutenable légèreté d’un philosophe

Avant de s’adresser à un public large au nom de l’intellect, il nous semble qu’il est primordial de lever toute équivoque. Cela pourrait se résumer par cette simple interrogation : D’où parle M. Nyamsi ? Est-ce l’ami de Guillaume Soro dont il se vante d’être qui parle ? Ou est-ce l’intellectuel prétendument indépendant dont il se réclame et qui expose sa vision de la tragédie ivoirienne ? L’on ne saurait être juge et partie, partisan et neutre à la fois. «To be or not to be», disait Shakespeare. Or il m’apparait clairement que chez M. Nyamsi, tout se confond. Où s’arrête l’ami de Guillaume Soro et où commence le philosophe indépendant ? Cette incohérence intellectuelle est inacceptable aux yeux de l’opinion publique qu’il essaye de tromper par une pseudo-neutralité. Mais quelques éléments pourraient nous aider à mieux le situer. Dans le contexte toujours conflictuel de la question ivoirienne, choisir de lancer son ouvrage à l’Ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles n’est pas anodin : c’est tout simplement la partie immergée d’une collusion entre les nouveaux tenanciers de l’Etat de Côte d’Ivoire et l’auteur. Comment expliquer autrement la présence à ses côtés des responsables Benelux du RDR (Rassemblement des Républicains) et du PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire) actuellement au pouvoir à Abidjan ? D’autres auteurs ayant écrit sur cette crise ont choisi des lieux autrement moins marqués et moins susceptibles d’exclure leurs contradicteurs éventuels. Un simple amphithéâtre d’un campus aurait par exemple suffi pour la dédicace de son livre. Manifestement la courtisanerie doit être le fort du philosophe «indépendant » M. Nyamsi, puisque le choix du lieu, preuve de flagornerie, tendait probablement à favoriser uniquement un entre soi partisan et non la diversité des opinions. Cette flagornerie, pour un homme qui s’est réclamé de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), parti emblématique s’il en est en Afrique, de la lutte pour une véritable souveraineté et un anticolonialisme radical, est pour le moins déroutante. On comprend dès lors que notre philosophe ait été désavoué en 2011 à Douala, dans des conditions humiliantes, par tous les militants de son ex formation politique (UPC), pour s’être fait le héraut d’un criminel tortionnaire comme Guillaume Soro ! N’est-ce pas là la preuve d’une trahison des idéaux de l’UPC dont nous savons ce qu’il est advenu de ses leaders exécutés froidement par le système dont M. Nyamsi se réclame aujourd’hui un partisan «critique». Quelle honte ! Um Nyombé, tragiquement exécuté en septembre 1958 par les sicaires de l’impérialisme français, devrait se retourner dans sa tombe !

2 Non Gbagbo n’est ni Khadaffi, encore moins Mugabé !

M. Nyamsi a choisi comme angle d’analyse trois chefs d’Etat africains : Laurent Gbagbo, Muammar Khaddafi, et Robert Mugabé. Inutile de questionner l’absurdité d’une telle approche comparative qui ne repose sur aucun critère d’analyse sérieux. En effet, sur quels critères rationnels repose ce choix ? Parmi de nombreux dirigeants africains assassinés ou exilés par les forces impérialistes et leurs sicaires locaux, pour les comparer à Laurent Gbagbo, le choix du philosophe s’est porté arbitrairement sur Muammar Khaddafi et Robert Mugabe sans que l’on ne sache sur quoi cela repose. Pourquoi eux et pas d’autres ? Toutefois, nous tenons à porter à la connaissance de M. Nyamsi que M. Gbagbo porte en lui une part significative du combat pour le multipartisme en Côte d’Ivoire qu’il a d’ailleurs payé par de nombreux emprisonnements (dans les années 70 par Houphouët Boigny et en février 1992 par Ouattara) et par l’exil. Des emprisonnements naguère cautionnés voire ordonnés par Ouattara comme premier ministre et aujourd’hui par le même Ouattara comme valet de la France néocolonialiste et impérialiste. Et cela, dans son réquisitoire contre Gbagbo, notre philosophe l’occulte volontairement pour tenter de réduire Laurent Gbabgo en partisan d’un «nationalisme étriqué». Quel raccourci ! Cette amnésie est intellectuellement dangereuse. Si quelqu’un porte en lui la légitimité historique du combat démocratique en Côte d’Ivoire, c’est bien Laurent Gbagbo et certainement pas Alassane Ouattara que Nyamsi couvre de louanges et qualifie abusivement de «chantre de la révolution démocratique africaine». Lamentable ! Par ailleurs, pendant cette séance de dédicace, M. Nyamsi s’est extasié en ces termes : «Je voudrais savoir par quelle alchimie Ouattara a pu convaincre Sarkozy d’aller bombarder Abidjan pour l’exporter ailleurs dans les autres pays africains !». Laissez-nous nous tordre de rire tellement la naïveté frise ici le ridicule. M. Nyamsi ignore-t-il, du haut de son professorat de philosophie – puisqu’il est affublé de ce titre à hue et à dia par sa cour !– comme l’observait déjà Charles de Gaulle dans ses Mémoires de Guerre (Le Salut) que «La règle de fer des Etats est de ne rien donner pour rien !». Prosaïquement, c’est l’intérêt qui conditionne la praxis politique entre Etats. Et dans le cas de la Cote d’Ivoire, l’effort de guerre de la France en 2011 se rétribuera en attributions de permis d’exploitation pour le gaz et le pétrole au large d’Abidjan. Ces concessions ont été accordées à Total et Bouygues au lendemain de la chute de Laurent Gbagbo. Ceci, sans compter le retour en force des entreprises françaises dont le précédent gouvernement de compromis avait réussi à limiter, sans les exclure toutes, le champ de prédation. Il n’est pas superflu de porter à la connaissance du professeur Nyamsi que le déterminant de l’engagement personnel de Nicolas Sarkozy dans l’expédition punitive d’Abidjan reste Martin Bouygues, parrain du fils Louis Sarkozy, témoin de mariage du couple Ouattara, et partenaire d’affaires du même Ouattara lors des nombreuses privatisations faites par l’ancien premier ministre ivoirien au bénéfice du même Martin Bouygues (notamment pour la Sodeci et la Cie, respectivement Société de distribution d’eau de Cote d’Ivoire et Compagnie Ivoirienne d’Electricité) ! La guerre faite à Laurent Gbagbo s’explique par ce prisme tout simplement. Et de ce point de vue, la naïveté du prof Nyamsi, doublée de la méconnaissance des déterminants personnels dans les relations d’Etat à Etat, est affligeante. Dans ce contexte, comparer Laurent Gbagbo à un Muammar Khadafi, dirigeant multi-décennal qui s’est distingué d’une toute autre manière que Gbagbo dans son opposition (puis ses alliances tactiques) avec l’impérialisme occidental, est au mieux un raccourci, au pire une escroquerie intellectuelle. De même, la comparaison avec Robert Mugabe, issu d’une longue guerre d’indépendance contre l’occupant colonial britannique, et dont la légitimité au pouvoir ne souffre d’aucune entrave, qui n’a connu aucune guerre civile (malgré les litiges électoraux avec son adversaire politique prooccidental Morgan Tsvangirai) est également hors de propos.

3 Rien n’est plus dogmatique que l’impérialisme occidental en Afrique

M. Nyamsi se répand partout avec sa nouvelle trouvaille «l’anticolonialisme dogmatique ». Concept dont on a du mal à comprendre les contours. Et il considère que les Africains qui réclament leur pleine souveraineté n’en seraient que des partisans acharnés ! Quelle paresse intellectuelle tant la complexité des situations, les facteurs locaux et le contexte international lié à l’appropriation des espaces et des richesses dans un marché mondialisé devraient le renvoyer à plus de nuance ! Sauf que les anciennes puissances coloniales, dans leur praxis avec l’Afrique, pratiquent un impérialisme tout aussi dogmatique que les Africains qu’elles fustigent. Tenez, les programmes d’ajustement structurels implémentés en Afrique à partir de la fin des années 80 l’ont été suivant une idéologie néolibérale dogmatique et meurtrière pour nos Etats. Cette idéologie découle directement des travaux de l’économiste américain Milton Friedman, théoricien principal de l’Ecole de Chicago de laquelle est né le Consensus de Washington, véritable bible de principes néolibéraux. Les mêmes recettes furent appliquées de la même manière partout sans discernement et sans prise en compte des facteurs socio-anthropologiques propres à chaque contrée africaine. Conséquences de ce dogmatisme libéral en Afrique : explosion de la dette, hausse de la misère, baisse du pouvoir d’achat des africains, illettrisme galopant lié au gel d’investissements dans l’éducation et baisse de l’espérance de vie. Les récentes crises au sein de la zone euro avec son garrot d’austérité socio-économique, sont également la résultante d’une cécité politique noyée dans un dogme néolibéral. Les Grecs, les Portugais, les Espagnols, sur instruction de la troïka (FMI, Commission Européenne, Banque Mondiale), sont contraints d’appliquer une politique d’austérité attentatoire aux droits économiques et sociaux des citoyens de ces différents pays. Comme nous le constatons, le dogmatisme ne saurait être uniquement du côté de ceux qui résistent à la prédation coloniale, il est souché au corps des élites gouvernantes occidentales et africaines.

4 Ordre cannibale du monde et anticolonialisme critique

Face à la prédation néocoloniale, M. Nyamsi estime qu’il appartient aux Africains de faire preuve d’un sens critique dans leur lutte anticoloniale. Or ce paradigme d’un «anticolonialisme critique» qu’il se targue de pratiquer contre un «anticolonialisme dogmatique» dont nous serions les irréductibles partisans, n’est rien d’autre qu’une supercherie intellectuelle. Une fourberie sortie on ne sait de quel cortex ! Dans toute la doctrine anticoloniale des héros africains tels que Kwame Nkrumah (Néo-colonialisme, stade suprême de l’impérialisme), Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme), Julius Nyéréré (Croisade pour la Libération), nulle part il n’est question d’un compromis avec l’ordre colonial qui n’est rien d’autre que la chosification du colonisé. Ecoutons à ce propos Aimé Césaire : «Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies». Peut-on dès lors, équitablement collaborer avec l’impérialisme quand nous savons très bien que les rapports de force sont en défaveur des pays africains ? Ce mode d’association n’est ni plus ni moins que ce qui fut expérimenté depuis le régime de communauté appelé «loi Gaston Deferre» de 1956 entre la France et son pré carré. On voit bien que cette collaboration qui dure depuis les indépendances factices de 1960 dans la sphère francophone n’a jamais permis une réelle émancipation politique et économique. Quel «anticolonialisme critique» adopter lorsque la monnaie, la diplomatie, la défense et les minerais stratégiques sont aux mains de la France ? De quel recours dispose-t-on si la France venait à refuser de nous concéder la moindre parcelle d’autonomie politique ? Rien. Ecoutons à nouveau la colère du poète martiniquais Aimé Césaire : «A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification. J’entends la tempête. On me parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » De quel anticolonialisme critique parle donc notre philosophe au discours frelaté ? Par ailleurs, s’il est établi que le colonisateur est officiellement parti, il n’en demeure pas moins qu’il reste omniprésent dans l’organisation politique, économique, militaire et culturelle de nombreux Etats africains notamment francophones. Comme nous le rappelle si bien Kwame Nkrumah : «L’essence même du néocolonialisme est qu’un Etat dans lequel il opère, en théorie, présente tous les attributs extérieurs de souveraineté internationale. En réalité, son système économique et de surcroit, son organisation politique sont directement dictés de l’extérieur.» La question dès lors qui se pose est comment sortir de cette logique de dépendance politique, économique, culturelle et financière qui étreint de nombreux pays africains? Certainement pas en adoptant ce cache-misère intellectuel qu’est l’anticolonialisme dit « critique ». Tous ceux qui ont réclamé la souveraineté pleine et entière de leurs pays furent exécutés (Patrice Lumumba, Um Nyobé, Marien Ngouabi, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio…) ou renversés (Abbé Fulbert Youlou, Kwame Nkrumah, Laurent Gbagbo…). D’autre part, jusqu’où pourrait-on aller dans l’anticolonialisme critique ? Que concède-ton de sa souveraineté et que ne concède-t-on pas ? Dans un espace mondialisé où les enjeux stratégiques aiguisent les appétits néocoloniaux liés à l’appropriation des ressources des pays et des espaces territoriaux, que devrait-on donner et que devrait-on refuser de donner, sachant par ailleurs qu’une épée de Damoclès liée à l’invasion forcée des pays planent sur la tête des pays et des régimes néo colonisés ou néo colonisables ? Sachant également que l’idéologie libérale qui domine aujourd’hui les rapports économiques et politiques entre les individus, les classes sociales et les pays, se satisfait très rarement, sans y être forcée, au partage des ressources et du bien-être entre les différentes couches de la société ou les différents pays du monde. Les décisions des gouvernants européens pour soi-disant lutter contre la crise, ainsi que les décisions des grandes multinationales et des banques en apportent chaque jour la preuve patente : l’ordre politico- économique mondial ne s’embarrasse pas de sentiment d’altruisme ni de démocratie véritable lorsqu’il s’agit de piller un plus faible. L’Afrique de ce point de vue est leur terrain de chassé préféré. Cet «ordre cannibale du monde», pour reprendre une formule du sociologue suisse Jean Ziegler, est une faucheuse implacable où les faibles sont anéantis et broyés par la voracité capitaliste. Il ne saurait être compatible avec «un anticolonialisme critique», qui s’apparenterait alors, au mieux à un angélisme dangereux, au pire à un collaborationnisme inassumé. Au regard de tout ce qui précède, il faut radicalement rompre avec l’ordre néocolonial et sa logique de dépendance politique dans laquelle nous sommes englués. Et en ce sens, le paradigme d’un anticolonialisme «critique» opposé à un anticolonialisme «dogmatique» est un paradigme creux et émasculateur qui n’a de valeur que dans l’esthétique de sa formulation, mais aucune signification au regard de la réalité des rapports de force socio-économico-politiques dans le monde capitaliste d’aujourd’hui. C’est donc un paradigme suicidaire, qui au vu des qualifications académiques de ceux qui le postulent, nous apparaît comme une allégeance aux méthodes prédatrices des forces néocoloniales, dans le vain espoir qu’elles partageront avec ces collaborateurs, une partie significative des richesses qu’elles pillent déjà dans le pays conquis. A moins que ces assertions ne soient tout simplement la nouvelle version de la mentalité de l’esclave de maison, qui, bien qu’esclave, était à ce point lié au maître qu’il ne ressentait plus la nécessité de s’émanciper et de devenir un homme totalement libre. Reconnaissons qu’il aurait été pour le moins incongru, lorsque les nègres marrons luttaient avec radicalisme, que ces esclaves de maison leur aient demandé d’être des «antiesclavagistes critiques» par opposition à un «antiesclavagisme dogmatique». Si tel avait été le cas, jamais on n’aurait aboli ce crime contre l’humanité que fut l’esclavage. Aujourd’hui, être anticolonialiste, c’est comme avoir été hier antiesclavagiste, car le néocolonialisme consacre une forme moderne d’esclavagisme économique, dans lequel le néo colonisé n’a pas la possibilité de droit de disposer de la ressource qui lui appartient, comme hier l’esclave n’avait pas la possibilité de disposer de sa liberté, à moins, dans les deux cas, de l’arracher radicalement, c’est-à-dire «dogmatiquement», si nous voulions malgré la vacuité du paradigme, reprendre quand même les mots de M. Nyamsi. En d’autres mots, tout comme l’on ne pouvait être antiesclavagiste que dans la radicalité, en raison de la violence intrinsèque de l’esclavagisme, on ne peut être anticolonialiste que dans la radicalité, en raison de la violence intrinsèque du néocolonialisme. Un anticolonialiste dit «critique» n’est donc qu’un collaborateur, qui cherche à se justifier par une fausse «nuance» de son propre oppresseur. Il faut définitivement et frontalement une rupture épistémologique avec le colonialisme et ses avatars actuels (néocolonialisme, impérialisme) dans la mesure où toute forme de négociation que le philosophe égaré Franklin Nyamsi appelle de ses vœux n’est rien d’autre qu’une soumission de bas étage. Je rejette catégoriquement cette abjection qui reviendrait à passer par pertes et profits tous les héros d’une Afrique digne tombés sous les balles des puissances impérialistes, au nom d’un fallacieux «anticolonialisme critique » ! En guise d’épilogue, pour résumer toute la substance de mon propos, entendons la colère de Frantz Fanon contre l’ordre colonial et ses actuels subterfuges : «Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence».

Bruxelles le 15 décembre 2012

Olivier Dossou Fado

MORAF (Mouvement pour la Renaissance Africaine)

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