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27/02/2013

Plus fort que les lunettes Gbagbo, les lunettes Ouattara!

gbagbo-lunettes.jpgVous connaissez tous le succès des petites lunettes rondes de Gbagbo à la CPI…

Encore plus fort: Les lunettes Ouattara qui déforment la réalité! Grâce aux lunettes Ouattara, vous verrez Tiken Jah Fakoly en incorruptible qui ne s'est jamais enrichi dans la rébellion, Tiken Jah Fakoly en défenseur de la diversité culturelle africaine, Tiken Jah Fakoly en chanteur doué, Simone en sorcière avec des tresses en nerfs d'enfant Béninois, Venance Konan en écrivain talentueux, pas “ivoiritaire” ni pervers du tout, les Dozos en gentils chasseurs gardiens des traditions qui ne dépècent personne lors de rituels mystiques, 6 morts au lieu de beaucoup plus à Nahibly,lunettes Ouattara.jpg Dramane en économiste compétent soucieux du devenir de son peuple, Dominique en femme désintéressée et réellement généreuse, Soro en démocrate respectueux de la vie humaine, Blé Goudé en Himmler avec des cornes, une queue pointue et du feu qui sort de sa bouche… Bien qu'elles se portent sur le nez, les lunettes Ouattara font dire d'incroyables conneries. Elles peuvent également rendre muet sur les exactions des FRCI et sourd sur la souffrance du peuple.

Les lunettes Ouattara sont portées par Olivier Monnier, Maria Malagardis, Cyril Bensimon, Laurent Larcher, Christian Bouquet, Olivier Pacteau, Bert Koenders, Luis Moreno Ocampo, Claude Bartolone, Christophe Boisbouvier…

Matt Wells, Gregory Protche, Hervé Penot, Michel Collon, Stéphane Haumant, Paul Moreira… ont toujours refusé de porter les lunettes Ouattara et le chèque.

15/02/2013

Le Collectif des ex-membres de la branche politique de l’Unir

A quelques jours de l’audience de confirmation de charges de la CPI contre le président Laurent Gbagbo, il nous apparait opportun et judicieux de sortir du mutisme dans lequel nous nous étions volontairement enfermés depuis un peu plus de 2 ans, afin de livrer à l’opinion nationale et internationale notre part de vérité, en notre qualité d’acteurs et témoins de cette crise ivoirienne depuis sa genèse jusqu’à ce jour.

De prime abord, nous voudrions marquer notre total accord avec ceux-là qui déclarent que la crise ivoirienne, telle qu’elle apparait aujourd’hui, est la conséquence naturelle de cette vague de violences, pourtant, introduite en Côte d’Ivoire par le RDR. Les choses s’enchaînèrent et dès décembre 1999 avec coup d’Etat qui renversa M. Henri Konan Bédié. Nous sommes largement instruits sur les commanditaires de ce putsch lorsque nous jetons un regard sur la liste des meneurs qui n’étaient autres que le sergent-chef Ibrahim Coulibaly (Ib), Diarassouba alias Zaga Zaga, Diomandé «La grenade», Touré Pelican Hervé dit Vetcho, Chérif Ousmane , Koné Zakaria, Kambou Sansan, Boka Yapi, Adama Coulibaly, Issiaka Wattara dit Wattao, etc. Pour ce coup là, on a vite fait de se féliciter de ce qu’il fut fait sans effusion de sang. Mais quel Ivoirien ne se souvient–il pas des graves violations des droits humains enregistrées dans les jours et mois suivant ce coup de force ? Est-il encore besoin de rappeler aux Ivoiriens les dérives et affres causées par le fameux PC-Crise ? Le sang des Ivoiriens coulait déjà à cette période à profusion. Pouvait-il en être autrement avec ces chefs de guerre-là que nous connaissons désormais mieux ? Bref ! Souvenons-nous que traqués et brimés par le pouvoir Guéi, ces chefs du Pc-Crise et de la toute aussi fameuse Cosa-Nostra se retrouvèrent au Burkina Faso dans le courant de l’année 2000. Sans leur donner le temps de revenir de leurs émotions, M. leur mentor leur ordonna de se remettre assez rapidement au travail pour la déstabilisation des institutions de la Côte d’Ivoire, car selon ce dernier, le temps pressait. Voilà pourquoi après moins de 4 mois d’entrainement, la Côte d’Ivoire connu une autre page sombre de son histoire à travers le coup de la Mercédès blanche. Arrêtons-nous un peu et faisons un tout petit exercice pour savoir combien d’Ivoiriens ont sauvagement trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation ? Que sont devenus les enfants du commandant de brigade de Kong tué et dépossédé de sa Mercédès blanche ? Que sont devenus les enfants, épouses et parents de ces jeunes gendarmes en service à la RTI, qui cette nuit de Janvier 2001 sont tombés sous les balles assassines des protégés du commanditaire ? Pourrait-on objectivement parler de justice et de lutte contre l’impunité en gardant le silence sur ces faits ? Qu’à cela ne tienne, en cette nuit de janvier 2001, les troupes du mentor échouent et reculent. Le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, commandant des opérations, explique cet échec à celui-ci, par la survenue d’une défaillance du système de communication qui aurait suscité un massacre de la population civile s’il s’entêtait à mener l’action jusqu’au bout ; ce qui ne manqua de mettre le mentor dans une colère noire. On lui déclara à l’occasion que la préservation de la vie des civils n’importait en rien.

Le sergent-chef IB et ses hommes devaient se remettre au travail pour une ultime action qui ne saurait s’accommoder d’un quelconque échec. Survient alors l’inoubliable 19 septembre 2002. Pour s’octroyer plus de chances de réussir ce coup, le couple Ouattara imposa au Sergent Chef IB, l’implication et la collaboration de Modibo Adama dit Mobio Mobio et Régis Manon, tous deux membres de leur garde privée. La consigne était claire et sans ambigüité : éliminer sans état d’âme tout ce qui seraient susceptibles de pouvoir empêcher la réalisation de ce complot. Les résultats sont aujourd’hui connus : gendarmes, policiers, militaires et fonctionnaires soupçonnés à tort ou raison d’être favorables à Gbagbo sont exécutés à bout portant ou égorgés sur les places publiques. Des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens sont devenus orphelins. Des jeunes filles violées ou éventrées se ruaient vers le Sud réclamant justice et abri au Président Gbagbo. La Côte d’Ivoire était déstabilisée et il n’y avait que ça qui comptait aux yeux du commanditaire qui contrôlait désormais, via l’ex-rébellion, la moitié du pays. Après une lecture objective de la situation socio–politique que vivait dès lors la Côte d’Ivoire, une résistance nationale s’organisa en Abidjan et dérangea profondément les plans du clan Ouattara.

Entre temps survint au sein de la rébellion ivoirienne une profonde dissension entre Soro Guillaume et le Sergent-chef IB. Des centaines et des centaines de soldats, fidèles au dernier cité, sont exécutés. Encore d’autres orphelins parmi les Ivoiriens. Nous ne comptons pas les tueries quotidiennes que l’on déplorait dans la zone CNO pendant ces 8 ans d’occupation et intéressons-nous enfin à la crise post-électorale. M. Ouattara n’envisageait nullement une défaite. De leur côté, les Forces nouvelles devaient intervenir après résultat des élections. Les commanditaires décidèrent de faire appel à tous. Ainsi donc, Koné Zakaria qui était en rupture de ban avec ses amis des Forces nouvelles est rappelé et remis en selle. Sollicité par son mentor de tous les temps, le sergent-chef IB lui, décida de faire une démonstration de force et une manœuvre de séduction à l’endroit du couple Ouattara en s’installant à Abobo, au plus fort de la crise militaire ivoirienne.

Ainsi la majorité des combattants fidèles à IB s’installèrent à Abobo, lorsqu’un groupe de 63 personnes dont nous même, fut détaché à la maison du PDCI à Cocody. Nous devions constituer un poste avancé et mater la FESCI qu’on nous avait décrite comme une milice pro-Gbagbo. Nos cibles étaient donc les résidents de la Cité rouge, du Campus 2000 et ceux de la cité Mermoz. Nos hommes dotés de pouvoirs mystiques qui les rendaient invulnérables aux armes à feu et autres armes blanches semèrent paniques et désolations chaque dans les rangs des étudiants. Et ce, depuis le début du mois de Janvier 2010. Ainsi des jeunes filles étaient-elles violées pendant que les étudiants étaient mortellement agressés jour après jour. Pour ce travail, nos hommes étaient régulièrement pris en charge par le maire d’Abobo [Adama Toungara]. C’est bien l’affluence des plaintes à l’encontre des méfaits de nos hommes qui a motivé la descente musclée mais légitime et justifiée des FDS au siégé du PDCI, ce matin du 4 Janvier 2011. Ce jour-là, l’un des nôtres, Diakité Karim, alias Krimo, fut tué après un long affrontement contre les forces régulières de l’ordre. Grâce au RHDP, notre séjour carcéral fut très court. Une fois libres, nous regagnons alors notre base à Abobo. Là, nous apprenons que les consignes restaient les mêmes. Le président Ouattara nous avait assigné la mission de débarrasser Abidjan de tous ceux qui étaient susceptibles d’être des pro- Gbagbo, par tous les moyens. Combien n’ont-ils pas été des victimes innocentes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique ? Comment se fait-il qu’aucun charnier n’ait été découvert à Abobo, alors que les cadavres jonchaient les rues par dizaines un peu partout dans cette commune ? Où alors l’ONUCI qui se chargeait du ramassage des corps avec la Croix Rouge a-t-il emporté les cadavres d’Abobo ? Certainement loin de là pour en faire porter le chapeau au Président Gbagbo. Pourrais-je un jour oublier le regard effrayé mais digne du Capitaine Kassy de la Gendarmerie nationale et de ses hommes du CECOS avant leur exécution ? Face à de telles exactions, Laurent Gbagbo se devait-il de croiser les bras et regarder sa population se faire massacrer? Ne devait-il pas protéger les Ivoiriens?

Pour notre part, nous croyons que dans cette crise, il y avait un agresseur et un agressé. Nous nous sentons offusqués de constater que l’agressé se retrouve en prisons à la CPI, pendant que l’agresseur est sanctifié par la «communauté internationale». Est-il besoin de décrire aux Ivoiriens ce qui se serait produit comme massacre d’êtres humains si M. Gbagbo n’avait empêché cette prétendue marche sur la RTI pour l’installation de M. Brou Aka Pascal? Je révélerai seulement que nos hommes infiltrés parmi les manifestants avaient pour consigne d’éliminer le maximum d’éléments des ex-FDS en se servant des marcheurs comme bouclier humain. De ce qui précède, nous voudrions dire haut et fort que M. Laurent Gbagbo n’est pas et n’a jamais été le bourreau des Ivoiriens. Nous voulons qu’il nous soit permis de déclarer que le seul et unique bourreau du peuple ivoirien est le régime actuel. Le jour où ce régime commandita l’assassinat de notre mentor et chef Ibrahim Coulibaly, ses hommes crurent avoir effacé toute trace de liaison entre IB et M. Ouattara en confisquant les 2 téléphones portables qu’ils trouvèrent sur lui. Mais qu’ils se renseignent bien auprès de tous ceux qui ont fréquenté l’homme, ils sauront alors que IB avait toujours 3 téléphones portables. Que le régime sache que nous détenons ce troisième téléphone ainsi que l’agenda de notre mentor. Toute chose qui permettra de démontrer, aux yeux de tous, la connivence entre les deux hommes. Pour ce qui nous concerne, nous prenons l’engagement de témoigner partout avec force détails et éléments de preuves en notre disposition, pour que Ouattara et Soro se retrouvent là où ils ont aujourd’hui mis injustement le président Gbagbo et ses proches.

Le Collectif des ex-membres de la branche politique de l’Unir (proche du Sergent-Chef IB) en exil

14/02/2013

L'intellocrate de la démocratie au bazooka

Le samedi 17 novembre 2012, un auteur d’origine camerounaise, M. Franklin Nyamsi, présentait dans les locaux de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles, son œuvre co-écrite avec Alexis Dieth intitulé «Contre l’anticolonialisme dogmatique, pour un anticolonialisme critique». Au travers de la présente tribune libre, qu’il nous soit permis d’apporter notre réflexion sur l’analyse qu’a faite cet auteur de la tragédie ivoirienne. Durant l’exposé de M. Nyamsi, de nombreuses contre-vérités ont été assenées de façon péremptoire. C’est ici le lieu de rétablir ce qui a été volontairement occulté par ce philosophe. Trois limites «structurelles» sont apparues dans son exposé. Une incohérence intellectuelle sur fond d’amnésie et de cécité à laquelle il nous soumet, la comparaison facile sans recul historique entre trois dirigeants africains, et enfin l’occultation du coeur même de la tragédie africaine qui est liée à l’exacerbation et au dogmatisme prédateur de l’impérialisme occidental dans sa course à l’appropriation des richesses africaines.

1 De l’incohérence intellectuelle ou l’insoutenable légèreté d’un philosophe

Avant de s’adresser à un public large au nom de l’intellect, il nous semble qu’il est primordial de lever toute équivoque. Cela pourrait se résumer par cette simple interrogation : D’où parle M. Nyamsi ? Est-ce l’ami de Guillaume Soro dont il se vante d’être qui parle ? Ou est-ce l’intellectuel prétendument indépendant dont il se réclame et qui expose sa vision de la tragédie ivoirienne ? L’on ne saurait être juge et partie, partisan et neutre à la fois. «To be or not to be», disait Shakespeare. Or il m’apparait clairement que chez M. Nyamsi, tout se confond. Où s’arrête l’ami de Guillaume Soro et où commence le philosophe indépendant ? Cette incohérence intellectuelle est inacceptable aux yeux de l’opinion publique qu’il essaye de tromper par une pseudo-neutralité. Mais quelques éléments pourraient nous aider à mieux le situer. Dans le contexte toujours conflictuel de la question ivoirienne, choisir de lancer son ouvrage à l’Ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles n’est pas anodin : c’est tout simplement la partie immergée d’une collusion entre les nouveaux tenanciers de l’Etat de Côte d’Ivoire et l’auteur. Comment expliquer autrement la présence à ses côtés des responsables Benelux du RDR (Rassemblement des Républicains) et du PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire) actuellement au pouvoir à Abidjan ? D’autres auteurs ayant écrit sur cette crise ont choisi des lieux autrement moins marqués et moins susceptibles d’exclure leurs contradicteurs éventuels. Un simple amphithéâtre d’un campus aurait par exemple suffi pour la dédicace de son livre. Manifestement la courtisanerie doit être le fort du philosophe «indépendant » M. Nyamsi, puisque le choix du lieu, preuve de flagornerie, tendait probablement à favoriser uniquement un entre soi partisan et non la diversité des opinions. Cette flagornerie, pour un homme qui s’est réclamé de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), parti emblématique s’il en est en Afrique, de la lutte pour une véritable souveraineté et un anticolonialisme radical, est pour le moins déroutante. On comprend dès lors que notre philosophe ait été désavoué en 2011 à Douala, dans des conditions humiliantes, par tous les militants de son ex formation politique (UPC), pour s’être fait le héraut d’un criminel tortionnaire comme Guillaume Soro ! N’est-ce pas là la preuve d’une trahison des idéaux de l’UPC dont nous savons ce qu’il est advenu de ses leaders exécutés froidement par le système dont M. Nyamsi se réclame aujourd’hui un partisan «critique». Quelle honte ! Um Nyombé, tragiquement exécuté en septembre 1958 par les sicaires de l’impérialisme français, devrait se retourner dans sa tombe !

2 Non Gbagbo n’est ni Khadaffi, encore moins Mugabé !

M. Nyamsi a choisi comme angle d’analyse trois chefs d’Etat africains : Laurent Gbagbo, Muammar Khaddafi, et Robert Mugabé. Inutile de questionner l’absurdité d’une telle approche comparative qui ne repose sur aucun critère d’analyse sérieux. En effet, sur quels critères rationnels repose ce choix ? Parmi de nombreux dirigeants africains assassinés ou exilés par les forces impérialistes et leurs sicaires locaux, pour les comparer à Laurent Gbagbo, le choix du philosophe s’est porté arbitrairement sur Muammar Khaddafi et Robert Mugabe sans que l’on ne sache sur quoi cela repose. Pourquoi eux et pas d’autres ? Toutefois, nous tenons à porter à la connaissance de M. Nyamsi que M. Gbagbo porte en lui une part significative du combat pour le multipartisme en Côte d’Ivoire qu’il a d’ailleurs payé par de nombreux emprisonnements (dans les années 70 par Houphouët Boigny et en février 1992 par Ouattara) et par l’exil. Des emprisonnements naguère cautionnés voire ordonnés par Ouattara comme premier ministre et aujourd’hui par le même Ouattara comme valet de la France néocolonialiste et impérialiste. Et cela, dans son réquisitoire contre Gbagbo, notre philosophe l’occulte volontairement pour tenter de réduire Laurent Gbabgo en partisan d’un «nationalisme étriqué». Quel raccourci ! Cette amnésie est intellectuellement dangereuse. Si quelqu’un porte en lui la légitimité historique du combat démocratique en Côte d’Ivoire, c’est bien Laurent Gbagbo et certainement pas Alassane Ouattara que Nyamsi couvre de louanges et qualifie abusivement de «chantre de la révolution démocratique africaine». Lamentable ! Par ailleurs, pendant cette séance de dédicace, M. Nyamsi s’est extasié en ces termes : «Je voudrais savoir par quelle alchimie Ouattara a pu convaincre Sarkozy d’aller bombarder Abidjan pour l’exporter ailleurs dans les autres pays africains !». Laissez-nous nous tordre de rire tellement la naïveté frise ici le ridicule. M. Nyamsi ignore-t-il, du haut de son professorat de philosophie – puisqu’il est affublé de ce titre à hue et à dia par sa cour !– comme l’observait déjà Charles de Gaulle dans ses Mémoires de Guerre (Le Salut) que «La règle de fer des Etats est de ne rien donner pour rien !». Prosaïquement, c’est l’intérêt qui conditionne la praxis politique entre Etats. Et dans le cas de la Cote d’Ivoire, l’effort de guerre de la France en 2011 se rétribuera en attributions de permis d’exploitation pour le gaz et le pétrole au large d’Abidjan. Ces concessions ont été accordées à Total et Bouygues au lendemain de la chute de Laurent Gbagbo. Ceci, sans compter le retour en force des entreprises françaises dont le précédent gouvernement de compromis avait réussi à limiter, sans les exclure toutes, le champ de prédation. Il n’est pas superflu de porter à la connaissance du professeur Nyamsi que le déterminant de l’engagement personnel de Nicolas Sarkozy dans l’expédition punitive d’Abidjan reste Martin Bouygues, parrain du fils Louis Sarkozy, témoin de mariage du couple Ouattara, et partenaire d’affaires du même Ouattara lors des nombreuses privatisations faites par l’ancien premier ministre ivoirien au bénéfice du même Martin Bouygues (notamment pour la Sodeci et la Cie, respectivement Société de distribution d’eau de Cote d’Ivoire et Compagnie Ivoirienne d’Electricité) ! La guerre faite à Laurent Gbagbo s’explique par ce prisme tout simplement. Et de ce point de vue, la naïveté du prof Nyamsi, doublée de la méconnaissance des déterminants personnels dans les relations d’Etat à Etat, est affligeante. Dans ce contexte, comparer Laurent Gbagbo à un Muammar Khadafi, dirigeant multi-décennal qui s’est distingué d’une toute autre manière que Gbagbo dans son opposition (puis ses alliances tactiques) avec l’impérialisme occidental, est au mieux un raccourci, au pire une escroquerie intellectuelle. De même, la comparaison avec Robert Mugabe, issu d’une longue guerre d’indépendance contre l’occupant colonial britannique, et dont la légitimité au pouvoir ne souffre d’aucune entrave, qui n’a connu aucune guerre civile (malgré les litiges électoraux avec son adversaire politique prooccidental Morgan Tsvangirai) est également hors de propos.

3 Rien n’est plus dogmatique que l’impérialisme occidental en Afrique

M. Nyamsi se répand partout avec sa nouvelle trouvaille «l’anticolonialisme dogmatique ». Concept dont on a du mal à comprendre les contours. Et il considère que les Africains qui réclament leur pleine souveraineté n’en seraient que des partisans acharnés ! Quelle paresse intellectuelle tant la complexité des situations, les facteurs locaux et le contexte international lié à l’appropriation des espaces et des richesses dans un marché mondialisé devraient le renvoyer à plus de nuance ! Sauf que les anciennes puissances coloniales, dans leur praxis avec l’Afrique, pratiquent un impérialisme tout aussi dogmatique que les Africains qu’elles fustigent. Tenez, les programmes d’ajustement structurels implémentés en Afrique à partir de la fin des années 80 l’ont été suivant une idéologie néolibérale dogmatique et meurtrière pour nos Etats. Cette idéologie découle directement des travaux de l’économiste américain Milton Friedman, théoricien principal de l’Ecole de Chicago de laquelle est né le Consensus de Washington, véritable bible de principes néolibéraux. Les mêmes recettes furent appliquées de la même manière partout sans discernement et sans prise en compte des facteurs socio-anthropologiques propres à chaque contrée africaine. Conséquences de ce dogmatisme libéral en Afrique : explosion de la dette, hausse de la misère, baisse du pouvoir d’achat des africains, illettrisme galopant lié au gel d’investissements dans l’éducation et baisse de l’espérance de vie. Les récentes crises au sein de la zone euro avec son garrot d’austérité socio-économique, sont également la résultante d’une cécité politique noyée dans un dogme néolibéral. Les Grecs, les Portugais, les Espagnols, sur instruction de la troïka (FMI, Commission Européenne, Banque Mondiale), sont contraints d’appliquer une politique d’austérité attentatoire aux droits économiques et sociaux des citoyens de ces différents pays. Comme nous le constatons, le dogmatisme ne saurait être uniquement du côté de ceux qui résistent à la prédation coloniale, il est souché au corps des élites gouvernantes occidentales et africaines.

4 Ordre cannibale du monde et anticolonialisme critique

Face à la prédation néocoloniale, M. Nyamsi estime qu’il appartient aux Africains de faire preuve d’un sens critique dans leur lutte anticoloniale. Or ce paradigme d’un «anticolonialisme critique» qu’il se targue de pratiquer contre un «anticolonialisme dogmatique» dont nous serions les irréductibles partisans, n’est rien d’autre qu’une supercherie intellectuelle. Une fourberie sortie on ne sait de quel cortex ! Dans toute la doctrine anticoloniale des héros africains tels que Kwame Nkrumah (Néo-colonialisme, stade suprême de l’impérialisme), Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme), Julius Nyéréré (Croisade pour la Libération), nulle part il n’est question d’un compromis avec l’ordre colonial qui n’est rien d’autre que la chosification du colonisé. Ecoutons à ce propos Aimé Césaire : «Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies». Peut-on dès lors, équitablement collaborer avec l’impérialisme quand nous savons très bien que les rapports de force sont en défaveur des pays africains ? Ce mode d’association n’est ni plus ni moins que ce qui fut expérimenté depuis le régime de communauté appelé «loi Gaston Deferre» de 1956 entre la France et son pré carré. On voit bien que cette collaboration qui dure depuis les indépendances factices de 1960 dans la sphère francophone n’a jamais permis une réelle émancipation politique et économique. Quel «anticolonialisme critique» adopter lorsque la monnaie, la diplomatie, la défense et les minerais stratégiques sont aux mains de la France ? De quel recours dispose-t-on si la France venait à refuser de nous concéder la moindre parcelle d’autonomie politique ? Rien. Ecoutons à nouveau la colère du poète martiniquais Aimé Césaire : «A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification. J’entends la tempête. On me parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » De quel anticolonialisme critique parle donc notre philosophe au discours frelaté ? Par ailleurs, s’il est établi que le colonisateur est officiellement parti, il n’en demeure pas moins qu’il reste omniprésent dans l’organisation politique, économique, militaire et culturelle de nombreux Etats africains notamment francophones. Comme nous le rappelle si bien Kwame Nkrumah : «L’essence même du néocolonialisme est qu’un Etat dans lequel il opère, en théorie, présente tous les attributs extérieurs de souveraineté internationale. En réalité, son système économique et de surcroit, son organisation politique sont directement dictés de l’extérieur.» La question dès lors qui se pose est comment sortir de cette logique de dépendance politique, économique, culturelle et financière qui étreint de nombreux pays africains? Certainement pas en adoptant ce cache-misère intellectuel qu’est l’anticolonialisme dit « critique ». Tous ceux qui ont réclamé la souveraineté pleine et entière de leurs pays furent exécutés (Patrice Lumumba, Um Nyobé, Marien Ngouabi, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio…) ou renversés (Abbé Fulbert Youlou, Kwame Nkrumah, Laurent Gbagbo…). D’autre part, jusqu’où pourrait-on aller dans l’anticolonialisme critique ? Que concède-ton de sa souveraineté et que ne concède-t-on pas ? Dans un espace mondialisé où les enjeux stratégiques aiguisent les appétits néocoloniaux liés à l’appropriation des ressources des pays et des espaces territoriaux, que devrait-on donner et que devrait-on refuser de donner, sachant par ailleurs qu’une épée de Damoclès liée à l’invasion forcée des pays planent sur la tête des pays et des régimes néo colonisés ou néo colonisables ? Sachant également que l’idéologie libérale qui domine aujourd’hui les rapports économiques et politiques entre les individus, les classes sociales et les pays, se satisfait très rarement, sans y être forcée, au partage des ressources et du bien-être entre les différentes couches de la société ou les différents pays du monde. Les décisions des gouvernants européens pour soi-disant lutter contre la crise, ainsi que les décisions des grandes multinationales et des banques en apportent chaque jour la preuve patente : l’ordre politico- économique mondial ne s’embarrasse pas de sentiment d’altruisme ni de démocratie véritable lorsqu’il s’agit de piller un plus faible. L’Afrique de ce point de vue est leur terrain de chassé préféré. Cet «ordre cannibale du monde», pour reprendre une formule du sociologue suisse Jean Ziegler, est une faucheuse implacable où les faibles sont anéantis et broyés par la voracité capitaliste. Il ne saurait être compatible avec «un anticolonialisme critique», qui s’apparenterait alors, au mieux à un angélisme dangereux, au pire à un collaborationnisme inassumé. Au regard de tout ce qui précède, il faut radicalement rompre avec l’ordre néocolonial et sa logique de dépendance politique dans laquelle nous sommes englués. Et en ce sens, le paradigme d’un anticolonialisme «critique» opposé à un anticolonialisme «dogmatique» est un paradigme creux et émasculateur qui n’a de valeur que dans l’esthétique de sa formulation, mais aucune signification au regard de la réalité des rapports de force socio-économico-politiques dans le monde capitaliste d’aujourd’hui. C’est donc un paradigme suicidaire, qui au vu des qualifications académiques de ceux qui le postulent, nous apparaît comme une allégeance aux méthodes prédatrices des forces néocoloniales, dans le vain espoir qu’elles partageront avec ces collaborateurs, une partie significative des richesses qu’elles pillent déjà dans le pays conquis. A moins que ces assertions ne soient tout simplement la nouvelle version de la mentalité de l’esclave de maison, qui, bien qu’esclave, était à ce point lié au maître qu’il ne ressentait plus la nécessité de s’émanciper et de devenir un homme totalement libre. Reconnaissons qu’il aurait été pour le moins incongru, lorsque les nègres marrons luttaient avec radicalisme, que ces esclaves de maison leur aient demandé d’être des «antiesclavagistes critiques» par opposition à un «antiesclavagisme dogmatique». Si tel avait été le cas, jamais on n’aurait aboli ce crime contre l’humanité que fut l’esclavage. Aujourd’hui, être anticolonialiste, c’est comme avoir été hier antiesclavagiste, car le néocolonialisme consacre une forme moderne d’esclavagisme économique, dans lequel le néo colonisé n’a pas la possibilité de droit de disposer de la ressource qui lui appartient, comme hier l’esclave n’avait pas la possibilité de disposer de sa liberté, à moins, dans les deux cas, de l’arracher radicalement, c’est-à-dire «dogmatiquement», si nous voulions malgré la vacuité du paradigme, reprendre quand même les mots de M. Nyamsi. En d’autres mots, tout comme l’on ne pouvait être antiesclavagiste que dans la radicalité, en raison de la violence intrinsèque de l’esclavagisme, on ne peut être anticolonialiste que dans la radicalité, en raison de la violence intrinsèque du néocolonialisme. Un anticolonialiste dit «critique» n’est donc qu’un collaborateur, qui cherche à se justifier par une fausse «nuance» de son propre oppresseur. Il faut définitivement et frontalement une rupture épistémologique avec le colonialisme et ses avatars actuels (néocolonialisme, impérialisme) dans la mesure où toute forme de négociation que le philosophe égaré Franklin Nyamsi appelle de ses vœux n’est rien d’autre qu’une soumission de bas étage. Je rejette catégoriquement cette abjection qui reviendrait à passer par pertes et profits tous les héros d’une Afrique digne tombés sous les balles des puissances impérialistes, au nom d’un fallacieux «anticolonialisme critique » ! En guise d’épilogue, pour résumer toute la substance de mon propos, entendons la colère de Frantz Fanon contre l’ordre colonial et ses actuels subterfuges : «Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence».

Bruxelles le 15 décembre 2012

Olivier Dossou Fado

MORAF (Mouvement pour la Renaissance Africaine)

07/02/2013

Matt Wells d’Human Rights Watch accuse la France de Hollande

source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/francois-h...

"Les mêmes causes produisent les mêmes effets." Ces derniers mois, j'ai entendu des avocats ivoiriens, chauffeurs de taxi et représentants de la société civile employer cette expression pour décrire les perspectives incertaines de réconciliation en Côte d'Ivoire tant que le gouvernement Ouattara n'instaurera pas une justice impartiale et ne mettra pas fin aux abus des forces de sécurité. Mais cette phrase s'applique tout aussi bien à la France, partenaire clé de la Côte d'Ivoire, qui n'a pas publiquement fait de la question des droits humains une priorité dans sa relation diplomatique avec Abidjan.

À l'issue de la crise postélectorale de 2010-2011, l'économie ivoirienne a redémarré(!) et les infrastructures ont été reconstruites. Alassane Ouattara, en éminent économiste(!), a privilégié la bonne gouvernance et l'attraction d'investissements, le regard bien sûr tourné vers la France. Mais cette stabilité en Côte d'Ivoire reste fragile, parce que le gouvernement ne s'est pas attaqué aux causes profondes des violences, notamment le conflit foncier, l'omniprésence d'armes légères et surtout la culture de l'impunité parmi les forces armées.

Alors que la justice progresse contre le camp de l'ancien président Laurent Gbagbo, les autorités ivoiriennes n'ont toujours pas arrêté ni inculpé un seul membre des forces pro-Ouattara qui ont, elles aussi, commis des crimes graves. La voix du gouvernement Hollande reste remarquablement silencieuse Après une inquiétante vague d'attaques contre des installations militaires en août 2012, des soldats ont arbitrairement arrêté des centaines de jeunes hommes issus de groupes ethniques perçus comme pro-Gbagbo et soumis beaucoup d'entre eux à des traitements inhumains, voire à la torture. Un jeune homme que j'ai interrogé avait été arrêté, battu et obligé de payer une somme exorbitante pour sa libération, sans preuve. Il décrit le danger de ces abus: "Si quelqu'un me demande demain de prendre une arme et de combattre les FRCI [l'armée], je ne sais pas ce que je dirai. Lorsque des personnes ont été dépouillées de tout, lorsqu'il ne leur reste que la haine... nous sommes bien loin de la réconciliation."

Des diplomates et de hauts représentants des Nations Unies, ainsi que des organisations nationales et internationales de défense des droits humains, ont exprimé leurs préoccupations quant à cette situation. Mais une voix est restée remarquablement silencieuse : celle du gouvernement Hollande. Vu son investissement diplomatique et financier en Côte d'Ivoire, la France a une responsabilité unique dans la promotion des droits humains, d'autant que les orientations de l'UE pour lutter contre la torture donnent pour objectif à l'Union et à ses États membres "d'amener les pays tiers à prendre des mesures efficaces contre la torture et les mauvais traitements", notamment par des déclarations publiques. La fin du paternalisme français ? Pourtant, les responsables français ont rarement parlé de justice et des exactions récurrentes dans leurs déclarations, et lorsqu'ils l'ont fait, c'était timidement et quasiment sur un ton d'excuse. Si lors d'entretiens à huis clos, les diplomates français ont pu transmettre des messages plus forts, force est de constater que la diplomatie discrète est insuffisante pour inciter à l'action. Exemple d'une triste occasion manquée: au terme de la réunion du 4 décembre entre François Hollande et Alassane Ouattara, le communiqué n'a fait aucune mention des droits humains. Pourtant, la réunion a eu lieu trois jours après que le sous-secrétaire général de l'ONU pour les droits humains a dénoncé les arrestations arbitraires et la torture perpétrées par l'armée ivoirienne, précisant qu'il avait personnellement interrogé des victimes de torture. Hollande a promis de mettre fin au paternalisme de la "Françafrique", mais l'Élysée a prétexté de cette initiative louable pour ne pas parler des questions de droits humains en Côte d'Ivoire

Assumer ses responsabilités conformément aux orientations de l'UE ou discuter ouvertement avec le gouvernement ivoirien des abus qui creusent des divisions dangereuses dans le pays n'a rien de paternaliste, en particulier lorsque la France fournit une aide considérable pour réformer les secteurs de la justice et de la sécurité. Les dirigeants impliqués dans des crimes de guerre restent en fonction La réticence de François Hollande à aborder la question des droits humains avec le gouvernement ivoirien s'inscrit dans la continuité des années Chirac et Sarkozy, et non dans la rupture. Après le conflit de 2002-2003, les partenaires internationaux de la Côte d'Ivoire sont restés silencieux face à l'absence de justice, croyant à tort que cela favoriserait la paix. En 2004, une commission d'enquête internationale a produit un rapport accablant sur les atrocités perpétrées pendant le conflit, dont une annexe citant 95 personnes impliquées dans des crimes graves. Le Conseil de sécurité, France en tête, a enterré ce rapport qui n'a toujours pas été publié. Jusqu'aux élections de novembre 2010, aucune enquête crédible n'a été menée sur les crimes liés au conflit de 2002-2003. Les dirigeants militaires et politiques des deux camps impliqués dans des crimes de guerre ont conservé des fonctions de commandement et lorsque la crise postélectorale a éclaté, les atrocités ont été répétées à plus grande échelle.

Le nouveau rapport de Human Rights Watch sur les récents abus implique, une fois encore, certains des mêmes commandants. Avec des tensions toujours vives et une impunité ancrée, les causes de la violence à grande échelle perdurent. Il incombe au gouvernement ivoirien de résoudre ces problèmes, mais la France peut soit utiliser son lien privilégié pour aider la Côte d'Ivoire à rompre avec le dangereux héritage des années Gbagbo, soit continuer à fournir au gouvernement une couverture alors qu'il se refuse à prendre des mesures contre ces commandants, quelle que soit la nature ou l'envergure des crimes dans lesquels ils sont impliqués. Les possibles conséquences du deuxième choix ont déjà été observées. En 2013, la France doit publiquement inciter le gouvernement ivoirien à faire des droits humains, et notamment la fin de l'impunité pour ses forces armées, une priorité.

Matt Wells, chercheur à Human Rights Watch