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07/08/2013

Joseph Tchundjang Pouemi 1979 / Justin Koné Katinan 2011

Source : fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Tchundjang_Pouemi

pouemi2.jpgJoseph Tchundjang Pouemi est né le 13 novembre 1937 au Cameroun où il fait ses études primaires. Il obtient en 1959 son Baccalauréat et poursuit de 1960 à 1964 des études supérieures à l’Université de Clermont-Ferrand. Il y fait de brillantes études de Mathématiques et de Sciences Economiques et obtient sa licence de Sciences économiques en 1964. La même année, il entre à l’École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) de Paris. Il en sort diplôme en 1967 avec le titre prestigieux d’Administrateur de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

En 1971, il est reçu au difficile concours d’Agrégation de Droit et des Sciences économiques.

En 1975, il est Professeur à l’Université d’Abidjan dont il dirige le département d’Économie publique.

En 1977, il rejoint le Fonds monétaire international (FMI) à Washington, mais en démissionne 2 années plus tard, du fait d’un désaccord patent avec les prescriptions économiques et monétaires de cet organisme.

Il rejoint le Cameroun en 1979 et est nommé professeur au Centre universitaire de Douala, nouvellement créé. Professeur des techniques quantitatives à l’École supérieure des sciences économiques et commerciale du centre, il y est nommé Chef de Département d’Analyse de données et Traitement de l’Information en 1983.

Le 22 août 1983, il et nommé Directeur Général du Centre Universitaire de Douala, fonction qu’il assume jusqu’en août 1984.

Appelé à l’université de Yaoundé à la rentrée académique 1984-1985, c’est là que la mort l’arrache brutalement à l’Université camerounaise et à la communauté scientifique nationale et internationale le 27 décembre 1984 à l'âge de 47 ans.

Son ouvarge de référence : Monnaie, servitude et liberté : la répression monétaire de l’Afrique, écrit en 1979 mais toujours d'actualité…

«La France est le seul pays au monde à avoir réussi l’extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie et rien que sa monnaie dans des pays politiquement libres»

«Les techniques auto-répressives bloquent tout progrès économique»

Voici les 4 techniques auto-répressives décrites dans le livre :

1. Le système bancaire est fermé car il doit demeurer sous le contrôle du Trésor Français
2. Le système bancaire a pour politique de ne pas prendre de risque, de ne pas accorder de crédits, de ne pas financer l'économie et incite les entreprises à l'autofinancement ce qui a des conséquences négatives sur l'économie (inflation…)
3. Les taux d'intérêts réels appliqués en Afrique sont négatifs en raison de l'inflation et de la fermeture du marché des capitaux; l'épargnant perd constamment en valeur
4. Le contrôle des prix pratiqué en Afrique ne permet pas le développement économique car il ne l'a jamais permis nulle part


En 2011 Justin Koné Katinan raconte dans Côte d'Ivoire, le coup d'Etat de Charles Onana :

«Le siège de Dakar (BCEAO) ayant décidé de couper les vivres aux agences bancaires de Côte d'Ivoire, il a tout simplement suspendu opération d'approvisionnement des agences ivoiriennes en monnaie fiduciaire. En attendant la création d'une monnaie ivoirienne, il fallait que le gouvernement trouve la possibilité d'alimenter le circuit économique en billets de banque. Dans le même temps, les banques ivoiriennes, notamment leurs filiales françaises, faisaient de la rétention sur les billets de banque qu'elles récoltaient à leurs guichets. Les banques françaises menaient un combat politique contre le président Gbagbo et contre le peuple ivoirien. Pourtant, l'argent que ces banques gagnaient en Côte d'Ivoire était l'argent de la sueurs des ivoiriens, l'argent des travailleurs ivoiriens»

«Ce que nous avons découvert en accédant aux systèmes informatiques bancaires des filiales françaises en Côte d'Ivoire est inimaginable. Il y a en gros 3 grosses découvertes :
1/ Le produit net bancaire de ces banques est constitué à plus de 55% des frais de tenue des comptes et autres adagios prélevés sur les comptes des fonctionnaires. Le reste provient des opérations d'exportations du café cacao [Ces banques ne veulent pas accorder de crédit aux entreprises pour financer l'économie]
2/ Les banques françaises en Côte d'Ivoire financent l'interbancaire dans les autres pays de la sous région, ce sont les filiales ivoiriennes qui financent les charges communes aux filiales africaines de ces banques
3/ La BICICI a fait un dépôt de plus de 30 milliards de francs dans les comptes de la BNP Paribas à un taux préférentiel. En d'autres termes, elle a immobilisé hors circuit bancaire africain cette somme pour soutenir le groupe français dans la crise des subprimes»


Pendant la crise post électorale [Ouattara devait forcément gagner], le Trésor Français a acquis un sacré savoir-faire dans le contrôle de la politique économique et la sanction des Etats

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